À propos de moi

À PROPOS DE MOI

Son parcours

Daniel Perrin, le photographe qui a vu le Négus !

Au commencement il fut appareillé avec un Silet LK Agfa et l'année suivante voulut en tâter et monter à Paris couvrir mai 68 ! Sa famille l'empêcha de justesse, ce qui en dit long sur notre personnage. Tirage à la maison, la salle de bain squattée, il se fait la main et active son regard.

Djibouti, l'aubaine de sa jeunesse en militaire déguisé, il côtoie un adjudant-photographe qui le soutient ! Au final cela donne un labo climatisé, un abonnement à la revue Photo, du jamais vu ! Ce gradé lui donne même des cours. Le troufion Perrin se fait livrer bouquins et pellicules diapos par maison  Gasc de Vierzon, sa ville, grâce à sa solde de 50 francs par mois.

L'aventurier prend un train qui met 48 h00 pour aller à Adis Abéba en Ethiopie, sur une perm de 8 jours. Mais n'en cherchons pas la raison, la curiosité est sa marque de fabrique. Il se repose aux dortoirs des taxis, loue un meublé d'où il voit le Négus sortir de son palais.

A l'entretien au Lycée Français, il a toutes ses après midis libres que son nouveau Fuji ST 701 doté d'un objectif de 180mm Fujinon occupe à temps complet.

Puis vinrent les voyages, photos de paysages avec ses cousins au Cap Nord puis la Finlande, la Pologne, la Maroc en période de Ramadan !

Le travail devient plus personnel avec l'ami Métoche, photo de compressions, de lacérés, décollages d'affiches. Il vide même les poubelles du village de la Borne pour en récupérer, et fait déjà des clichés de rouille. Les toits de Paris vu d'une fenêtre de Montmartre lui valent une expo avec ses compères Dangeon, Strub, Dédé Rosay et Métivier. Il fait aussi de folles photos en pause, appuyé sur le tableau de bord d'une auto qui le ramène la nuit de la Capitale.

La nature aussi le passionne, les orchidées, les oiseaux, les arbres par tout temps qu'il côtoie en toute saisons comme des totems dans l'horizon incertain !

Ce trublion de la photo, nous livre après trente années de son regard macro ses rouilles sur support en même état qui élargissent notre vision. Ne nous renvoie t'il pas hors cadre à notre humanité? Son regard aigu nous fait toucher la matière au plus près de notre réalité; la dégénérescence, la transformation, la re-création par la nature maitresse du jeu ! Poétique du sensible.

Il me semble que ce Zébulon sauteur d'aventure nous livre sa vision de sa nature profonde; celle d'un enfant rêveur pouvant rester des heures plongé dans son imaginaire défocalisé mais les deux pieds ancrés dans le réel, curieux de tout et prêt à déclencher sa " poétique du sensible " !

Jac Piniertableau
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